Moustapha Gaye ne travaille que du bois qu’il a trouvé : une poutre de maison démolie à la Médina, une branche de caïlcédrat tombée pendant l’hivernage, un vieux mortier à mil. Son atelier, au Village des arts de Dakar, ressemble à un dépôt de bois soigneusement trié.

« Le bois décide de la forme. Moi, je négocie », dit-il en caressant un nœud qu’il a contourné pendant deux semaines. Il refuse les commandes : « Si on me dit ce qu’il faut faire, je fais un meuble, pas une sculpture. »

Ses pièces, souvent hautes de plus d’un mètre, sont exposées cette année dans le Off de la Biennale. Il en vend peu, et s’en accommode.