Abdou Karim Ndour travaille sur un métier à bande étroite, de ceux qui produisent des bandes de quinze centimètres de large que l’on coud ensuite côte à côte. Son père tissait le pagne manjak, sa grand-mère le portait pour les cérémonies.

« Chaque fil est une décision. Si tu te trompes au début, tu le vois à la fin », dit-il en tendant les fils de chaîne, un par un, avant de commencer une pièce. Il faut une semaine pour un pagne complet.

Depuis trois ans, il travaille avec deux stylistes dakarois qui découpent ses bandes pour en faire des vestes et des sacs. Il a d’abord refusé, puis accepté à une condition : que l’étiquette porte le nom de l’atelier.