À 18 heures, le pont Faidherbe ne ressemble pas à une carte postale. Les voitures avancent au pas, les charrettes chargées de sacs d’oignons se faufilent entre les taxis, et les piétons marchent sur le côté en regardant l’eau. C’est pourtant cette silhouette, longue de plus de cinq cents mètres, qui a fait de Saint-Louis l’une des villes les plus photographiées d’Afrique de l’Ouest.

Inauguré en 1897, l’ouvrage relie l’île de Saint-Louis, cœur historique de la ville, au quartier de Sor sur la terre ferme. Sa travée centrale pouvait pivoter pour laisser passer les bateaux qui remontaient le fleuve. Elle ne tourne plus depuis longtemps.

Une ville classée

L’île de Saint-Louis est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, pour son plan en damier et ses maisons à balcons de l’époque coloniale. Le pont, entièrement rénové il y a une dizaine d’années, en est devenu le symbole.

Pour les Saint-Louisiens, il est surtout un passage. « On le traverse dix fois par jour, on ne le regarde plus, s’amuse Mame Diarra, enseignante à l’île Nord. Sauf le soir, quand il y a de la lumière. Là, même nous, on s’arrête. »