On l’entend avant de le voir : le crissement de deux coupe-coupe frottés l’un contre l’autre, puis les cris des jeunes garçons qui courent devant lui. Le kankourang surgit au coin de la rue, couvert d’écorces et de fibres teintes en rouge, et tout le quartier recule d’un pas.
Ce personnage masqué accompagne les rites d’initiation des communautés mandingues, notamment en Casamance et à Mbour. Il protège les jeunes initiés et rappelle l’ordre aux adultes. Le rite a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2005.
Les anciens s’inquiètent de la curiosité des visiteurs, qui filment au téléphone et suivent le masque comme un spectacle. « Ce n’est pas un carnaval. Il faut respecter la distance », insiste un responsable communautaire de Mbour.




