Vingt minutes de chaloupe depuis le port de Dakar, et l’on change de rythme. Sur Gorée, il n’y a pas de voitures, et le bruit le plus fort vient d’un atelier de menuiserie installé près de la place du Gouvernement. Trois artisans y découpent des poutres pour une maison du XIXᵉ siècle dont le balcon menace de céder.
L’île, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1978, est à la fois un lieu de mémoire de la traite atlantique et un quartier où vivent un peu plus d’un millier de personnes. Ses maisons, avec leurs balcons de bois et leurs façades ocre, souffrent du sel et de l’humidité.
« On ne peut pas mettre du béton, il faut refaire comme avant, avec du bois et de la chaux. C’est plus long, c’est plus cher, mais ça dure », explique le chef d’atelier, qui forme deux apprentis de l’île. Une maison complète demande en moyenne huit mois de travail.
Pour les habitants, l’enjeu n’est pas seulement esthétique. Restaurer, c’est aussi pouvoir continuer à vivre là, et non transformer l’île en décor.




