Dans un cercle de sabar, il n’y a pas de coulisses. La danseuse entre, défie les batteurs, lance trois figures et ressort en riant sous les encouragements. Le tout dure rarement plus de trente secondes. C’est pourtant là, disent-ils, que la plupart des chorégraphes de leur génération ont appris l’essentiel : l’attaque, la relation au rythme, le sens du public.
À l’École des Sables, à Toubab Dialaw, les stagiaires venus d’Europe et d’Amérique découvrent cette technique en même temps que la danse contemporaine. « Le sabar, c’est une conversation avec le tambour. Si tu n’écoutes pas, tu tombes », sourit Khady Diagne, danseuse et assistante pédagogique.
Les pièces qui tournent aujourd’hui dans les festivals européens en portent la trace : des accélérations brutales, des arrêts nets, des bras qui fendent l’air comme des baguettes. Le sabar n’y est plus une citation folklorique. Il est devenu une syntaxe.




