Saint-Louis a toujours eu un faible pour la photographie. Dès la fin du XIXᵉ siècle, les studios de l’île tiraient le portrait d’une société métissée qui posait en tenue de fête. L’exposition « Lignes de fleuve » reprend le fil, mais tourne l’objectif vers l’eau.

Six photographes, tous nés ou installés dans la région, présentent chacun une série d’une dizaine d’images. Les pirogues peintes de Guet Ndar y côtoient des vues prises au drone de la Langue de Barbarie, la bande de sable qui protège la ville de l’océan et que les marées grignotent un peu plus chaque saison.

Documenter sans dramatiser

Plusieurs séries montrent les familles de pêcheurs relogées après les grandes marées de ces dernières années. Les images évitent le pathos. On voit des gens qui recousent des filets, déménagent des frigos, repeignent une porte. « Je voulais qu’on regarde comment les gens s’organisent, pas seulement ce qu’ils perdent », explique Aminata Kâ, l’une des exposantes.

La scénographie est sobre : tirages mats, cartels courts, une table de lecture avec une trentaine de livres photo consacrés à la région. En semaine, les classes du lycée Charles-de-Gaulle se succèdent dans la salle dès 9 heures.