Il y a des disques qui s’imposent à la première écoute, et d’autres qui s’installent. Teranga Blues, premier album de Seynabou Faye, appartient à la seconde catégorie, la plus rare.

Enregistré en cinq jours dans une maison de Ngaparou, l’album ne contient presque rien : une guitare, une kora, quelques percussions frappées à la main et cette voix grave, un peu voilée, qui chante l’exil, la mer et un amour qui ne répond plus au téléphone.

Les dix titres passent du wolof au pulaar et au français sans prévenir. Ndank ndank (« doucement, doucement »), le morceau d’ouverture, donne le ton : une berceuse que la chanteuse tenait de sa grand-mère, jouée à un tempo qui frôle l’immobilité. Un disque qui prend son temps, et nous apprend à prendre le nôtre.