Le mbalax, c’est d’abord un rythme de sabar, le tambour joué avec une main et une baguette. Au début des années 1980, des orchestres dakarois, dont celui de Youssou N’Dour, le placent au premier plan, derrière les guitares et les claviers. Le résultat, rapide et syncopé, devient la musique populaire du pays.
Quarante ans plus tard, le genre domine toujours les mariages et les baptêmes. Mais dans les home studios de Grand-Yoff, on le traite autrement : un pattern de sabar découpé en échantillons, une basse empruntée à l’amapiano sud-africain, une voix qui chante en wolof. « On garde le sabar, c’est le cœur. Tout le reste, on peut le changer », explique Pape Diouf, producteur de 24 ans.
Les vieux musiciens regardent ça avec un mélange d’agacement et de fierté. « Ils jouent trop vite et trop fort, s’amuse un ancien batteur d’orchestre. C’est exactement ce qu’on nous reprochait. »




