On dit souvent que les Sénégalais lisent peu. Il suffit pourtant de passer une heure devant les étals des bouquinistes, sur les trottoirs du Plateau, pour douter de l’affirmation. Les livres scolaires partent par piles en septembre, les romans à l’unité toute l’année, et les recueils de poèmes de Senghor ne restent jamais longtemps.
Le prix reste le principal obstacle. Un roman importé de France coûte souvent plus de 10 000 FCFA. Les bouquinistes vendent les mêmes titres d’occasion pour le tiers du prix. « Je vends à des étudiants, à des fonctionnaires, à des imams, énumère Ousmane, installé depuis vingt ans au même coin de rue. Tout le monde lit, simplement pas au même prix. »
Plusieurs éditeurs installés à Dakar parient désormais sur des formats de poche imprimés sur place, à moins de 4 000 FCFA. Les premiers titres se vendent bien. Il reste à les faire arriver jusqu’à Kaolack, Tambacounda ou Ziguinchor, où les librairies se comptent sur les doigts d’une main.



