Le film s’ouvre sur un plan fixe de plus de deux minutes : l’aube sur la plage de Joal, les pirogues qui reviennent une à une, les femmes qui attendent avec leurs bassines. Pas de musique, seulement le moteur des embarcations et le bruit des vagues. Tout le projet est là.

Pendant une heure et demie, le réalisateur suit une famille de pêcheurs confrontée à la raréfaction du poisson. Le grand-père se souvient des saisons où l’on remplissait la pirogue en une nuit. Le père s’endette pour un moteur plus puissant. Le fils regarde les bateaux étrangers au large et pense à partir.

Les acteurs ne sont pas professionnels, et cela se sent dans le meilleur sens : personne ne joue, tout le monde vit la scène. Un cinéma de l’attention, où chaque plan semble écouter ses personnages.