Chaque mardi soir, un peu après 21 heures, des milliers de commentaires défilent sous la vidéo du nouvel épisode. Ils viennent de Pikine, de Thiès, mais aussi de Paris, de Milan, de New York. En quelques années, les séries tournées à Dakar sont devenues l’un des produits culturels sénégalais les plus regardés au monde.
La recette est connue : des intrigues familiales, des histoires d’argent et de mariage, des dialogues en wolof sous-titrés en français, et une mise en ligne gratuite qui touche la diaspora. Les épisodes les plus vus dépassent régulièrement les deux millions de vues.
Une filière qui s’organise
Derrière l’écran, une économie s’est installée. Des sociétés de production emploient des dizaines de techniciens formés sur le tas, louent du matériel venu de Lagos ou d’Abidjan et tournent jusqu’à trois épisodes par semaine. « On a appris à faire vite et propre, raconte une directrice de production. On tourne le matin ce qui passe le mardi suivant. »
Les comédiens, eux, sont devenus des visages connus dans la rue, mais restent souvent mal payés. Plusieurs ont créé l’an dernier une association pour réclamer des contrats écrits. Les plateformes internationales observent ce marché avec attention ; des coproductions seraient en discussion. Reste à savoir qui gardera la main sur les histoires.



